Compte-rendu de l’assemblée populaire du mercredi 27 juillet 2011.
Points du jour:
1.Définition du mouvement
2.Luttes en Pierreuse
3.Au niveau international
4.Arrestations du 21 juillet
5.Le camp
6.Informations
Introduction :
Tentative de changer le rituel de prise de parole : plus de signes, tels qu’ils étaient utilisés depuis ; seulement lever la main pour prendre la parole. Si un consensus doit être dégagé, utilisation du signe pour l’assentiment.
1. Définition du mouvement
Rappel historique concernant le mouvement. Débute après la crise de 2008, puis à partir de L’Espagne, …
Les assemblées populaires ce n’est pas seulement reprendre un lieu pour parler politique mais aussi un lieu de ‘divertissement’ autre que ce que la société propose.
C’est également la réappropriation de la parole.
2. Luttes en Pierreuse
Pourquoi une AP aujourd’hui en Pierreuse: le mouvement prend appui sur le local.
Témoignages:
Quelqu’un raconte avoir assisté à des assemblées dans le passé où « le public était moins hétéroclite… cette expérience fut difficile, les gens fatiguants… »
Une autre personne explique avoir lutté pour la fête en Pierreuse: afin que celle-ci reste conviviale et de taille humaine, il a été question de décroissance.
Il y a eu lutte en Pierreuse contre la construction d’un nouveau Palais de Justice, cette lutte a échoué.
Lutte aussi pour garder une prairie qui devait être vendue à Bouygues, cet espace ayant été rendu au public, est maintenant préservé.
3 triangles devaient être démolis pour une autoroute arrivant en plein centre. Le soulèvement d’habitants du quartier a empêché cela.
3. Au niveau international
Quelqu’un témoigne au sujet des assemblées populaires au Cameroun: « là-bas, beaucoup de mouvements populaires naissent de petits faits sociaux (…) Il y a eu des comités d’autodéfense dans les quartiers, des organisations de garde de nuits pour surveiller les habitations. Les rassemblements populaires restent difficiles à cause de la répression, de la dictature… » Question posée par cette personne concernant les risques qu’elle court, étant sans-papiers, en participant au mouvement des indignés.
Réponses de membres de l’assemblée: Le mouvement se définissant, on ne connaît pas encore les dangers potentiels pour les sans-papiers y participant. Une autre personne signale que des SP ont reçu ordre de quitter le territoire suite à une arrestation sur le camp. Il y a plus de risques lors de manifestations, d’actions, ou lors de présence sur le camp lorsque celui-ci « dérange ».
Ensuite, témoignage de quelqu’un ayant participé à des assemblées à Londres. Succès rapide de ces assemblées… 1ère: 20 personnes, 2ème: 500 personnes…
Composées à 90% d’Espagnols. Diversité gauche-droite. Culture de l’obéissance à la police. Fut rencontré le problème de ‘monopole’ par les plus impliqués pour guider le camp.
Le gouvernement a appliqué le ‘Terrorist Act’ pour un petit événement organisé par les indignés.
Cela soulève le problème de ces lois utilisées pour tuer les mouvements sociaux. Lois permettant d’arrêter les gens sans délit et de les garder longtemps.
Le mouvement des indignés doit se pencher sur cette question.
4. Les arrestations du 21 juillet
Rappel des événements.
La vidéo du net commence à prendre un peu d’ampleur médiatique.
Un appel à témoins de l’arrestation est lancé afin de servir pour la plainte déposée.
5. Le camp
Il reste sur le camp 15 – 20 personnes convaincues du mouvement mais en difficulté financière pour assumer les besoins en nourriture.
On fait circuler un pot pour récolter de l’argent.
L’isolement étant aussi un problème, invitation à leur rendre visite au Thiers-à-Liège.
6. Informations
-Erol, en tant que papa d’un enfant belge devrait pouvoir obtenir sa régularisation en pratiquant un test ADN.
-8, 10 et 12 Août à 18h30, groupe de dynamisation des AP (réflexion sur les modalités, les limites, les aménagements structurels pour améliorer l’outil « AP » ; élaboration d’une formule nouvelle – à mettre en débat). Informations : fr_pinte@yahoo.fr
-Le 29 août prochain : Assemblée populaire en Outremeuse, devant l’Aquilone.
Compléments d’infos — Paroles en vrac
En Islande : Une assemblée constituante a pris ses fonctions, remplaçant le système parlementaire : entre autres décisions, celle de refuser de payer la dette illégitime consécutive à la crise ; nationalisation des banques ; principe du referendum pour donner au peuple la possibilité de modifier la nouvelle constitution.
Témoignage d’assemblées populaires qui ont existé il y a quelques années, boulevard Saucy et à l’université ; des ONG et associations y prenant part. Expérience intéressante mais complexe ; difficultés rencontrées : prise de pouvoir, consensus laborieux,… L’alternative est en chemin, la lutte est longue.
Depuis la Tunisie : un vent nouveau qui souffle le message que « les choses sont possibles ; rien n’est immuable ».
Témoignage de Alfred : Au Cameroun, suite à certains faits sociaux graves, les habitants se réunissent pour faire face à l’adversité, trouver des solutions : par exemple, pour parer aux agressions et violences, élaboration de commissions citoyennes d’autodéfense. Les réflexions et avancements politiques, par contre, sont larvaires, étant donné le caractère « sensiblement dictatorial » du pouvoir en place. L’oppression des pouvoirs publics est forte.
Témoignage de quelqu’un qui a œuvré pour que la fête de quartier reste une fête de quartier : victime de son succès, tentative de viser la décroissance du public pour restaurer, vivifier l’interaction des gens du quartier Pierreuse.
Témoignage d’un liégeois à Londres, son point de vue sur le mouvement des indignés là-bas :
La grande majorité des participants et du leadership est espagnole, hispanophone.
Critique de la culture de l’obéissance : pas de résistance vis-à-vis des policiers et du pouvoir public ; au nom d’un certain pacifisme : aucune opposition n’a été proposée.
Certains meneurs ont clairement pris le pouvoir, décidant des réactions à prendre, du modus operandi.
Absence de débat autour de la question de la non-violence et de la violence.
Les militants se prennent trop au sérieux.
Manipulation médiatique
Arrestation policière arbitraire
Proposition faite : création d’une commission, d’un groupe de travail autour de la question de l’antiterrorisme et des mesures prises par l’état, qui bafouent la liberté d’expression et l’initiative citoyenne. Se renseigner sur un collectif qui a vu le jour il y a 30 ans, contre les bavures policières.
Témoignage concernant les arrestations du 21 juillet :
Citoyens arrêtés à la descente du train, gare centrale à Bruxelles, par des policiers en civils – police judicaire.
Arrêtés pour trouble de l’ordre public, alors qu’aucune action n’avait été menée dans ce sens. Selon ces militants, plusieurs droits ont été bafoués.
Suite à cet incident, réflexion sur l’identité des groupes en action : faut-il revendiquer ou désobéir civilement sous une autre appellation que celle du Mouvement ? Réflexion sur la post-médiatisation : diffuser le plus largement l’information pour sensibiliser l’opinion publique (vidéo, interview par la RTBF, articles de presse, production de plaintes sur réseaux sociaux, pétitions, recherches de témoignages…)
Pour Erol : Monsieur Uyar campe toujours Place du Marché, est toujours en grève de la faim pour sa régularisation. Conseil donné : faire un test ADN pouvant justifier un lien de parenté avec sa fille, pouvant entraîner une accélération de la procédure de régularisation. Il semblerait que ce test coûte cher et que son avocat ait, par le passé, choisi de ne pas relayer cette demande.
Témoignage des luttes en Pierreuse :
Face à l’implantation de l’extension du Palais de Justice, les gens du quartier ont justifié leur opposition en plaidant pour leur bien-être (luminosité, …) ; malheureusement cet argument ne concernant qu’un minimum de personnes à l’échelle de la ville, le projet est passé.
« Quand un dossier arrive sur la table du communal, il et déjà trop tard » ; il faut œuvrer bien avant cela pour espérer contrer les projets qui rencontrent d’emblée une franche opposition dans un quartier.
Le projet « autoroute » a été contré par la détermination des gens ; le coup de grâce étant que certains échevins ont pris fait et cause pour le quartier.
« Je me rappelle avoir dépavé avec d’autres, la rue pierreuse, une nuit, pour signifier le ras le bol des voitures qui y passaient à grande vitesse. »
Proposition de créer une assemblée populaire des associations (programmable à la rentrée scolaire 2011). Que les travailleurs sociaux, les opérateurs culturels, se retrouvent aussi pour parler, échanger, chercher ensemble les alternatives, susciter des coalisions nouvelles.
Témoignage sur le mouvement « Prends la place », des indignés de Liège :
C’est génial et très touchant de sentir cette ambiance en assemblée populaire et sur le camp :
« Les choses sont possibles parce qu’on a décidé qu’elles sont possibles »
D’entendre des paroles comme : « ma vie a changé, elle prend sens au sein du mouvement ! »
Dommage d’avoir fermé la porte aux associations et institutions, dans les premiers communiqués.
Parfois les gens en état d’ébriété, les désespérés ont « chassé » par leur débordements une frange de la population. Ils ont pris trop de place, trop d’énergie, et des gens se sont lassés. Il faudrait pouvoir accorder une place aussi à cette « frange-là ».
« A Saint-Lambert, je trouvais le mouvement assez bien structuré ; j’ai plusieurs fois tenté de dissuader mes interlocuteurs, qui jugeaient le mouvement trop peu sécurisant, malsain. »
« Je suis interpellé par l’attitude de la police à Bruxelles, le 21 ! »
Proposition de rédiger une lettre pour interroger les associations sur des coalitions plus grandes, plus fortes, qu’il serait possible de mettre en place, entre elles et avec le Mouvement. Une association, n’est-ce pas justement le fait de « s’associer » ?
Témoignage d’une militance :
Face au centre fermé de Vottem, notre énergie à se déplacer là-bas pour rentrer en contact avec les « détenus », tous les week-ends, de façon métronomique et rigoureuse, sans relâche depuis 12 ans, a lassé les autorités, les policiers : c’est sur le long terme, dans un investissement contrôlé, pondéré, qu’on peut arriver à quelque chose.
Mot d’ordre : patience, régularité, ténacité.
Barricade est tenu entre le global et le local : de la marche mondiale des femmes, à l’assistance aux victimes de drames. Ce que vous faites rappelle une certaine époque. Certaines assemblées se faisaient autour de textes, de livres,…
Idée pour le camp des indignés : Une cagnotte circulant à chaque assemblée populaire. Pour la « récup’ » alimentaire : se renseigner auprès des Groupes d’achat collectif à Liège (Pierreuse, Beaumur, Aquilone,…). Programmer 3 jours de construction pour aménager le camp ; essayer d’avoir un maximum de gens et de matériel : faire de la publicité, promouvoir l’évènement bien à l’avance. Faire un petit tract attractif, avec plan d’accès et N°de téléphone du camp, les dates pour la construction, et le distribuer à Liège, dans les bars, les restaurants, en faisant la manche, …
Interrogations cruciales sur les règles nouvelles à instaurer. Constatations de prise de pouvoir, d’abus : et que faire ? Et pour prendre des décisions en assemblée, comment concilier le fait que les gens ne sont pas toujours présents ? S’il y a 6 personnes qui participent à une assemblée, est-ce qu’elle peuvent prendre des décisions au nom du mouvement ? Que faire si les mandats, les décisions consensuelles sont « transgressés » ? …